vendredi 23 octobre 2015

Quand l’opprobre est jetée sur toi


Construisons ensemble !

J'avais pendant un temps proposé des séances de calinothérapie. Chose que j'ai vite cessé, car vous imaginez bien qu'ils sont nombreux à tenter d'en profiter! Bref, peut-être qu'un jour je recommencerai, mais dans ce cas au sein d'une infrastructure plus large que dans mon cabinet privé.

Outre ce qui précède, la chose m'a rapidement valu quelques remarques et commentaires cinglants, et il y a même eu des courageux pour parler dans mon dos, décidément ! Je refais donc une petite mise au point en droite ligne avec mon « ode au règne de Homo cretinus », une réponse publique à tous mes détracteurs (que je remercie au passage pour leur publicité... gratuite !). A la deuxième personne du singulier, plus percutant !

Faire payer un câlin, c'est honteux !

Ok, alors précise, qu'est-ce qui, exactement, est honteux ?

D'avoir, durant plus de vingt ans, travaillé sur toi, pour apprendre à ne pas juger l'autre et le prendre tel qu'il est, de l'aimer envers et contre tout, envers et contre tous ?

De t'être esquinté la santé au service de l'autre, alors même qu'il te chiait dessus (peut-être inconsciemment, mais ça ne change pas grand chose au résultat vu que tu t'en prends quand même plein la gueule), et malgré tout te focaliser sur cette petite lumière de vie en lui, adorable et vénérable, peu importe ses défauts, même et surtout s'ils te blessent ?

Où est-ce plutôt les années et les années d'introspection, de remise en question, d'efforts, de sacrifices, de sueur et de larmes pour te changer et devenir un personne meilleure, plus généreuse, plus empathique, plus altruiste, plus humble, plus sage, plus authentique ?

Qu'est-ce qui est honteux, de ne pas vouloir te conformer à la société, envoyer paître la sécurité et le confort factices qu'elle nous vend à prix d'or, tout ça pour se consacrer à ce qui te rend vraiment vivant ?

Et, enfin, d'avoir eu le courage de consacrer tout ton temps et ton énergie à un métier qui, s'il ne remplit pas forcément toujours ton frigo, non seulement t'épanouit, toi, mais également contribue à épanouir autrui, plutôt que de te tuer à petit feu à coups de métro-boulot-dodo, un boulot « alimentaire » que tu détestes, sur lequel tu ne cesses de râler, avec un boss et des collègues qui prennent cher quand tu parles (mal) d'eux, et tout ça au nom du sacro-saint matérialisme (que tu préserves de par ton comportement, que tu le veuilles ou non) ?

Parce que, vois-tu, toi ô grand donneur de leçons sur son piédestal, si loin de l'autre mais si proche de ton petit nombril, être capable d'aimer n'est pas un acquit par défaut. Je ne parle pas d'aimer ses parents, ses enfants, son conjoint, ce serait un peu facile (encore que). Non, je parle d'aimer n'importe quel être vivant, de manière égale et entière. Voir la beauté en lui, même s'il est moche comme un pou, et l'honorer, l'étreindre, l'embrasser. Sans dégoût, mais avec reconnaissance. Avec Amour.

Apprendre à aimer de telle manière, c'est-à-dire aimer VRAIMENT, sans aprioris, sans attentes, sans conditions, ça s'apprend. Et c'est un apprentissage qui prend des décennies, voir plus, un apprentissage dur et sans concession, un chemin parsemé d'épreuves et d'embûches, sur lequel chaque pas, chaque bouffée d'air réclame son sacrifice.

Celui qui parvient à avancer sur cette voie sans faiblir a largement mérité son salaire. Ce qu'il demande dépasse d'ailleurs largement ce qu'il donne. Car l'amour et ce qu'il offre est inestimable.

En gros, tu estimes que  l'amour va de soi ? Dans l'absolu, oui, tout le monde en est digne, même le dernier des crétins. Cela ne signifie pas pour autant que l'autre doive se donner à toi (car aimer est un don de soi) alors que tu ne le mérites en rien : Qu'as-tu fais pour lui ? Qu'as-tu sacrifié pour lui ? Peut-il compter sur toi ?  La tendresse et l'attention, ça se mérite, d'une manière ou d'une autre. Bref, si tu veux que l'on se donne à toi, mérites-le.

D'ailleurs, rien, si ce n'est le fait d'être vivant, va de soi (encore que, le rester demande tout de même un minimum d'efforts). Que la chose relève du vital n'y change rien : manger est vital, ceci-dit le maraîcher qui remplit ton assiette ne te nourrit pas gratis. Boire l'est encore plus, c'est pas pour autant que l'eau qui sort du robinet de ta cuisine t'est offerte gracieusement.

Nous vivons dans un monde ou le partage est tabou. Celui qui veut outrepasser cette réalité et ne vivre QUE au travers d'un partage unique et absolu se trouvera très vite dans une impasse, car l'autre lui ne partagera pas de manière unique et absolue, lui consommera avant tout, même s'il prétendra haut et fort le contraire.

Clairement, il faut apprendre à partager, tout en gardant un équilibre avec l'esprit qui règne ici et maintenant, encore très frileux, assujetti au pouvoir de la consommation et de la crainte qu'il inspire : l'illusion du confort et de la sécurité.

Tu ne veux pas de cette réalité ? Je comprends. Tu n'as dans ce cas pas 36.000 alternatives : soit tu vas vivre dans une tribu autochtone où l'argent est absent mais ou tout ce dont tu auras besoin pour vivre, tu devras le gagner par ton labeur et ta serviabilité (ah merde, ce n'est pas gratuit non plus ? Fichtre...), soit tu vis en autarcie, tu cultives tout toi-même, tu vas chercher dans la nature de quoi te vêtir, tu récupères l'eau de pluie et tu la traites pour pouvoir la boire, etc... (et là tu vas en chier des barres... mais au moins tu grandiras !)

Alors, en ce qui concerne les thérapies du bien-être, et donc de l'amour (vu que c'est ce qui nous intéresse ici), deux possibilités s'offrent à toi : soit tu acceptes d'investir un peu pour un soin apporté par un professionnel (qui a travaillé comme un dingue pour toucher à la maîtrise de son art) dans le domaine qui t'intéresse, vu que tu n'as pas la possibilité ou la capacité de le faire toi-même (ce qui ne fait pas de toi quelqu'un de pathétique, contrairement à ce que tu imagines), et un peu moins dans tes sorties et tes achats compulsifs, soit tu n'as pas envie de débourser et dans ce cas tu bosses sur toi, d'arrache-pied, pour changer, devenir cette personne que l'on aimera et pour qui on aura envie de se sacrifier « gratuitement ».

Dans un cas comme dans l'autre, assumes tes choix et bouge ton cul, AGIS plutôt que de faire du bruit avec ta bouche et ton clavier, parce que tu fais perdre du temps aux autres comme à toi-même.

Et pour conclure, je t'offres cette petite citation de mon cru, comme ça, de bon coeur, sans prétention et sans aucune attente de ta part (rhoooo, t'as-vu ça comme ch'uis sympa des fois??), juste pour que tu ne perdes pas l'essentiel de vue :



La gratuité est au paresseux ce que la facilité est au lâche.



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