lundi 1 décembre 2014

Le chamane et son rapport à l'environnement




Un écolo, un vrai... Evidemment, je ne parle pas ici de politique, mais d'écologie 
("l'écologie est la science ayant pour objet les relations des êtres vivants avec leur environnement, ainsi qu'avec les autres êtres vivants" in Laroussedans le sens de conscience de la nature, de connaissance profonde et compréhension de celle-ci, de souci de préservation de son environnement, et même de vie en adéquation et d'amour fusionnel avec elle.

Comme déjà dit à moult reprises, le chamanisme est une discipline sorcière, celle enseignant les techniques archaïques de l'extase (EMC : Etats Modifiés de Conscience). D'ailleurs, plutôt que de dire chamane, il sera ici plus judicieux d'user du terme de sorcier-chamane. Vous allez comprendre...

Pour rappel, la Sorcellerie est la dimension la plus rude et sauvage de la Magie, qui est quant à elle la science des sciences nous apprenant à connaître et comprendre les lois universelles, ce qui permet ensuite de les utiliser pour agir sur soi et son environnement. 


La Sorcellerie est une voie de maîtrise, extrêmement ardue, ne tolérant ni mièvrerie, ni sensiblerie, ni assujettissement à un quelconque tabou.

La Sorcellerie nous apprend à nous connaître, à vaincre nos démons et en faire des outils d'évolution, à dépasser nos limites et ne plus être soumis à la dualité très subjective du bien et du mal, à étendre notre champ de conscience et élargir notre perception du monde matériel comme subtil.


Pour revenir aux premiers mots de cet article, le chamane est donc écolo. J'ai bien dit écolo, et non pas vegan, 
 comme certains pourraient se l'imaginer (ce qui n'empêche pas ceci-dit que certains puissent opter pour le végétarisme, préfèrent le tissu au cuir, etc.). Ouch, voilà une assertion qui risque de déplaire à pas mal de monde ! Donc,une explication s'impose :

Wikipédia nous dit que "Le véganisme est un mode de vie fondé sur le refus de l'exploitation animale. Au-delà de l'adoption d'un régime alimentaire végétalien, le véganisme exclut la consommation de tout produit issu des animaux, de leur exploitation ou testé sur eux (cuir, fourrure, laine, soie, cire d'abeille, cosmétiques, loisirs, etc.) "

On voit le souci de respect pour la vie animale, et c'est très bien, je ne peux que l'encourager. Je déplore par contre que le respect pour le végétal passe à la trappe dans cette définition. Je ne prétends aucunement que le vegan n'en a que faire (je connais suffisamment de vegans pour savoir que nombre d'entre-eux sont très concernés par tout ce qui touche à la nature, qu'ils aiment sincèrement), je dis simplement que, quelque part, le bas blesse...

Bon, sans s'éterniser sur ce point, et pour revenir au règne animal : les vegans extrémistes (j'insiste sur cette précision, car ils ne sont pas tous fanatiques et obtus, loin s'en faut) devraient apprendre à léviter, parce que lorsqu'il marche sur la terre et dans l'herbe, ils écrasent d'innombrables insectes. Et qu'ils cessent de se déplacer plus vite que ce que permet la marche, parce que lorsqu'ils prennent la voiture, ce sont des centaines de bêbêtes volantes qui se crashent sur leur pare-brise. Et que dire du train et de l'avion, qui tuent les rongeurs (voire le gibier plus gros) et les oiseaux ?

Donc, relativisons... être vegan n'est pas THE solution, tout au plus il s'agit d'une philosophie de vie personnelle, tout aussi valable et légitime que toute autre à visée évolutive (qui de fait prend son environnement en compte). Elle peut être VOTRE solution si elle vous rend heureux et vous aide à évoluer, mais elle n'est en aucun cas la réponse à tous les maux. Ne fut ce que parce que l'on s'y bat bien moins pour le règne végétal (qui vous nourrit et donc vous permet de vivre), méritant tout autant notre attention et notre amour que les animaux...

Mais alors, que faire, si on ne peut plus manger ni animaux, ni végétaux ? Déjà, changer son état d'esprit, car ce sont bien les idées fanatiques et extrémistes, quelles qu'elles soient, qui nous font foncer droit dans le mur !

Qu'on le veuille ou non, la vie est une question de cycles, d'inter-échanges, de création et de destruction menant à la renaissance. Ainsi en va l'évolution. Et enfanter, ce n'est jamais une partie de plaisir...

Les végétaux sont mangés par les herbivores, les herbivores par les carnivores, l'humain a appris à manger des uns comme des autres (je ne vais pas faire ici un essai sur le pourquoi et le comment, ni sur l'éthique de l'omnivorité, ce n'est ni l'endroit ni le but de cet article), et lorsque tout ce beau monde trépasse, se régalent les asticots et les champignons... Ces derniers reminéralisent, entre autres, la terre, qui, féconde, fait naître de nouvelles vies, pour que tout recommence, encore et encore... Et voilà la boucle bouclée !

Pour revenir à ce que j'ai écrit ci-dessus, il faut donc changer notre état d'esprit si on souhaite changer les choses (voyez déjà l'article sur l'alimentation consciente). La vie et la mort font partie d'un seul et même cycle, on ne peut l'éviter, tout comme on ne peut éviter la souffrance qui permet de grandir et d'éprouver le bonheur.

Avez-vous déjà imaginé l'incroyable difficulté et souffrance de l'arbre en devenir, lorsque, à l'état de graine, il doit percer le sol dur, tenir face aux attaques des animaux et aux éléments déchaînés ? Saviez-vous que lorsqu'il grandit, son tronc s'élargit et donc déchire sa "peau" ? Faites un transfert de conscience sur ceci et vivez cette expérience, vous saurez alors ce que signifie souffrir et en baver, encore et encore.. Sachez également que pour devenir un authentique sorcier-chamane (et sorcier tout court), il faudra passer par là, à d'incessantes reprises, spirituellement mais également physiquement... La prise de conscience, la maîtrise et la sagesse sont à ce prix!

Ceci-dit, et ce point est important : bien que je considère la démarche incomplète pour les raisons citées plus haut, le véganisme est à saluer pour son exemplarité en ce qui concerne leur guerre déclarée 
(qui est aussi la mienne, bien que je ne sois pas vegan) contre l'industrie agro-alimentaire et la surconsommation poussant l'homme aux pires atrocités. 

Tout ce que j'ai écrit précédemment n'est donc PAS une dévalorisation du véganisme, mais une invitation à développer les magnifiques valeurs qui l'on fait naître !

Passons maintenant à ce dont je souhaite vous parler dans cet article : les outils matériels du chamane.

Les plus connus sont le tambour, le hochet et le costume. Et, en sus des éléments végétaux, de quoi sont-ils faits ? Je vous le donne en mille : cuir et fourrure, plumes, dents, griffes, et autres matériaux d'origine animale ! Cela signifie t-il donc que le sorcier-chamane est un insensible sans coeur, un vil matérialiste considérant les animaux comme des produits de consommation ?

Si cette triste réalité est malheureusement vraie pour beaucoup de gens, elle est aux antipodes de la philosophie de vie et d'être du sorcier-chamane. Dans la majorité des cas, les matières et objets finis sont issus de la récupération : je possède, pour ne citer qu'un exemple, une écharpe en fourrure, vous savez, celle avec la tête et les pattes, le genre d'accessoires de très mauvais goût dont raffolaient les "dames" début/mi 20e siècle (récup' dans la garde-robe de feu ma grand-mère)...

Croyez-moi, lorsque je suis tombée sur cette écharpe, j'en ai pleuré. De tristesse et de rage. Ceci étant, qu'aurais-je du faire, la jeter? Et ainsi ignorer la souffrance de cette bête sacrifiée au nom d'un esprit "fashion" plus que discutable, fermer les yeux sur son "oblation" imposée et la vouer à un oubli honteux et gêné ?

Non, je suis une sorcière, j'ai donc décidé de la garder, et de l'utiliser dans mes pratiques, m'en servir afin de procéder à des "démembrements chamaniques", des transferts de conscience sur le règne animal, des invocations et des hommages à la Nature... Ainsi, cette petite créature n'est pas morte en vain, et tous les honneurs qui lui sont dus lui sont enfin rendus.

Lorsque l'outil est offert ou acheté, le principe est exactement le même : il est consacré avec grand respect, le sorcier-chamane se l'approprie et, ce faisant, se relie intensément à la Nature, dans une profond hommage et avec une reconnaissance sans bornes, par delà les mirages de la mort et l'horreur de la souffrance !

Voilà, en vérité, ce qui habite le sorcier-chamane...

Pour conclure, je vous invite à vous rappeler de la première scène du film "Le dernier des mohicans", une scène de chasse, telle qu'elle devrait et aurait toujours dû être... (navrée pour la qualité déplorable, je n'ai trouvé cet extrait nul part ailleurs) :



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