mardi 4 novembre 2014

Mais pourquoi le Steampunk ?




C'est ce que plusieurs d'entre-vous m'ont demandé... et comme à mon habitude, je vous répondrai via le blog ;)

Je ne vais pas écrire ici un article sur ce qu'est le steampunk, on trouve déjà assez d'articles sur le sujet dans les nombreux sites et fora dédiés.

Pour résumer, le steampunk est au départ un genre littéraire très inspiré par les œuvres de Jules Verne (entre autres auteurs), dont l'action se déroule au XIXe siècle, entre machines à vapeur, révolution industrielle et époque victorienne. Mais très vite, le steampunk s'étendra au delà de la seule littérature, pour devenir un mouvement à part entière...



L'esthétisme


Bon, voilà peut-être un des seuls aspects de ce mouvement qui relève des goûts personnels, et en l’occurrence, les miens !

Pour ce qui est du "look" : les corsets, les porte-jarretelles, les bottines à la sauce victorienne, les jupes asymétriques, les vestes en queue de pie, le cuir, la dentelle... moi, j'adore ! Et les hommes en redingote et haut de forme, la canne à la main, jetant un œil sur leur montre à gousset à travers un monocle, ben oui, je craque...

On retrouve souvent la pieuvre comme emblème du steampunk, probablement autant que la montre au mécanisme apparent et les rouages/engrenages de toutes sortes. Le coupable en est Jules Verne et son "20.000 lieux sous les mers"... ceci-dit, rien n'y fait, moi elle me fait d'emblée penser à Cthulhu, la déité démoniaque de l'ami HP Lovecraft !

Pour rester sur cette ligne, le style victorien du steampunk fricote de près avec le gothique romantique, ce qui n'est pas, vous vous en douterez, pour me déplaire...

Bref, comme je le disais, tout ceci est vraiment très personnel, et comme les goûts et les couleurs, cela ne se discute pas, passons à la suite !


Les machines, les rouages et engrenages


Comme souvent lorsque je m'intéresse à un domaine, je me plais à voir les apparences comme de multiples métaphores, plus riches en enseignement les unes que les autres.

On notera, dans l'univers steampunk, l'omniprésence des machines, et si possible, aux proportions gigantesques et aux mécanismes compliqués.

Ceci exprime, je trouve, admirablement bien la propension de l'homme à vouloir tout maîtriser, et ce faisant, se perdre dans de extrêmes complexités, plutôt que d'oser "s'abandonner" à la simplicité, comme si contempler était un perte de temps...

Les rouages en action représentent bien l'engrenage de la vie, que l'on peut voir comme un piège diablement astucieux qui nous entraîne, bon gré mal gré, comme s'y complaisent les pessimistes et nihilistes de tout acabit. A moins que, plutôt que de vous cantonner dans le rôle du petit cheminot plein de suie débordé par ces mécanismes aux proportions effrayantes auxquels il n'entend rien, vous décidiez d'être le génie qui, pas avare de son labeur, en a conçu toutes les subtilités ?

La vie est une fantasmagorique machine qui nécessite un carburant qualitatif pour bien fonctionner, et cette délicate mécanique réclame à la fois constamment de quoi l'alimenter, à la fois un soin particulier tant la moindre poussière pourrait enrayer son précieux engrenage... 


Le feu


Oui, le feu, soit lui-même dans le "plus simple appareil", soit par l'intermédiaire du charbon, de la vapeur... moi, j'y vois tous les éléments, terre, eau, air... et surtout le feu, celui qui crée et qui détruit, qui réchauffe et qui brûle, le feu qui nourrit la machine et la fait avancer !


Lorsque j'imagine ces immenses et monstrueuses machines surmontées par de gigantesques engrenages, aussi effrayantes que stupéfiantes de complexité et de beauté, sous lesquelles vrombit une fournaise infernale sans laquelle rien ne pourrait fonctionner, je ne peux m'empêcher de penser aux enfers de Dante...

L'enfer qui nous entoure, l'enfer qui nous habitent, et ses démons, ne sont que les milles et une forces, qui, une fois comprises et maîtrisées, peuvent faire de nous de petits génies des engrenages. Alors oui, cela demande un travail incessant, une attention sans faille, et une précision digne des plus fameux horlogers... mais quelle satisfaction une fois que tout s'emboîte, et que la mécanique tourne rond !

Au-delà de l’atmosphère puante de la sur-industrialisation, voilà pourquoi cette branche du "punk" est, à mes yeux, complètement "steam"...


Le temps


Nous parlions de perte de temps... car, oui, le temps est lui aussi omniprésent dans le monde du steampunk ! Ce dernier nous offre les plus belles et complexes (encore et toujours) mécaniques horlogères aux engrenages apparents. Histoire de ne pas perdre la moindre seconde qui passe...

Les minutes s'égrènent quoique l'on fasse, la roue de l'évolution tourne sans jamais s'arrêter. L'immobilité absolue étant absence de vie, elle n'existe tout simplement pas. Même si nous nous tenons statique, que nous ne bougeons plus, que nous bloquons notre respiration, notre immobilité n'est qu'illusion : l'univers qui nous constitue est toujours en mouvement. Même lorsque nous mourrons, notre enveloppe charnelle reste en mouvement continu, en se décomposant, en retombant en poussière, en contribuant à nourrir d'autres formes de vie...

Nous pouvons voir ceci comme une "fuite du temps", et frémir, courir et s'ésouffler à tenter vainement de le rattraper... ou nous pouvons nous enrichir intérieurement de chaque instant vécu, pour en tirer enseignement, et changer le passé afin de profiter du présent et construire le futur. A chacun de faire son choix et de l'assumer, en son âme et conscience !


Le Do It Yourself (DIY)


Voilà quelque chose de récurrent dans le steampunk, ce goût pour le "fait-main" et pour la récup', formidable qualité poussant à l'autonomie !

Si cet univers recrée l'époque victorienne du 19e siècle, mais avec une avancée technologique bien plus considérable que ce qu'elle ne fut et un environnement fortement industrialisé, que l'on pourrait presque qualifier de futuriste si ce n'est que les ressources et matériaux utilisés restent ceux, en effet, de l'époque (cuir, bois et charbon, cuivre, laiton, bronze...), il y a souvent également un petit relent post-apocalyptique, sans pour autant tomber dans le cyberpunk (on reparlera de l'idéologie "punk" plus bas).

C'est là que s'inscrit si bien le DIY : on prend ce que l'on trouve, on assemble les "déchets" et les restes d'un "avant", auxquels on redonne une seconde vie. Oui, certes, pour le plaisir créatif, esthétique, décoratif, amusant. Mais surtout pour le côté utile, que ce soit pour se vêtir, porter, cuisiner, se défendre, se battre, marcher, et que sais-je encore.

Mais au-delà de l'aspect matériel, le DIY est surtout un état d'esprit. On ne refuse pas la matière, mais plutôt que d'y être assujetti (comme dans notre monde de consommation), on l'apprivoise et on s'en sert comme d'un outil, un outil d'évolution. Étrangement, c'est ainsi que l'on finit par se détacher du matériel, et en user à bon escient.

Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme...


L'idéologie punk


Je ne vais pas parler ici de musique ni de mode vestimentaire, et encore moins de politique. Je précise également qu'il y a des travers partout, et personnes sur cette Terre n'en est dépourvu, comme personne n'est dépourvu de lumière, qu'on se le dise. Ainsi, le punk à ses mauvais côtés, mais il en a aussi de bons. Pourquoi ? car comme toute idéologie, philosophie, mouvance, etc, celle-ci est fille de l'homme !

Le décor étant planté...

Ce que je trouve intéressant dans le punk, ce sont certains concepts (donc, j'insiste, pas tous) qui se cachent derrière cette idéologie, et qui expliquent, à mon sens, pourquoi le "steam" est "punk" : la revendication de la liberté et tout le travail qui est fait pour la conquérir ET la mériter. Tel l'esprit DIY, d'alternative et de subversion, pourvu que cette dernière soit dans le sens de l'évolution, et non de l'anarchie !

Le punk met aussi en évidence l'urgence de notre situation pré-apocalyptique, en exergue le monde illusoire (matérialiste) et "pourri" das lequel nous vivons, que nous cultivons, à notre insu ou non, et qui détruit notre environnement comme nous-mêmes, à petit feu ou à gros brasiers. Le punk pousse à la révolte, nous encourage à ouvrir les yeux et ^à nous battre afin de faire changer les choses.

Cette idéologie particulière soulève bien d'autres questionnements et problématiques (que je ne cautionne pas forcément d'ailleurs, loin s'en faut) qui n'ont plus grand chose à voir avec le sujet de cet article, et qui, plus que certainement, ne sont pas à discuter sur une quelconque plateforme virtuelle, non plus par claviers interposés. A bon entendeur...

Voilà ce qui m'intéresse et me plaît tant dans le steampunk, sachant qu'il s'agit ici de ma vision personnelle de celui-ci. Et vous ?

1 commentaire:

  1. Finalement le Steampunk c'est un monde sans plastique, sans béton et avec une electricité inexistante ?
    C'est vrai, quand on regarde l'oeuvre de JV, l'homme va sur la lune avec de la poudre noire, quelques machines à vapeur alimentent son sous-marin et des ressorts tendus alimentent les montres.
    C'est donc un peu comme un monde parallèle ou le pétrole et l'electricité n'existerait pas. Les couleurs sont très marron et cuivrées et rappellent un peu l'époque médievale. Les gros clous ne servent plus à protéger les portes des coup de hache mais à fixer les grosses coques en acier des navires à vapeur ou eriger la dame de fer. En fait les clous ne s'enfoncent plus dans le bois mais dans le métal.
    Finalement l'electricité, le plastique et le béton ont complètement changé notre environnement et celà n'a pas été prémédité par JV.
    Mais on reve toujours de ce qu'on a pas. Si on vivait dans un monde SteamPunk aujourd'hui, on rêverrai sans doute de plastique, de couleurs et d'objets magiques connectés ! Qui ne ferraient pas de vapeur, pas de bruit, plus de ressorts à tendre et des objets immenses et légers. Mais comme nous l'avons, nous rêvons d'autres choses. Si JV etait encore vivant, rêverait-il de vivre avec une science moins évoluée, lui qui l'adorait tant ? J'en doute. Je pense qu'il imaginerai un monde avec les nouveaux moyens du bord en prenant en compte les choses dont il n'avait pas pensé.
    Mais d'un point de vue esthétique et mode, les décors médievaux, les décors steampunk, gothique, rome-antiques, ect.. du passé nous font rêver, comme s'ils etaient plus beaux. Comme si aujourd'hui nous n'avions pas de style comme autrefois. Pourtant, nous l'avons sous nos yeux : mais nous ne le voyons pas.
    Quand on regarde le monde de l'automobile, les phares ont un look agressif alors qu'autrefois elles avaient l'air plus joviales. On a perdu les chromes, c'etait pourtant joli non ? C'est bien qu'un style passe devant nous et disparaitra sans doute. Il fera alors parti d'une autre époque et un autre style le remplacera.
    Alors pourquoi le SteamPunk alors que si on l'avait on voudrait autre chose ? Et pourquoi pas un autre style du passé vous diront d'autres nostalgiques. Peut etre parce qu'il est plus proche de la science que les autres. Ou simplement car il date du siècle dernier et qu'il n'est pas encore reconnu comme une période de l'histoire. D'ailleurs il est difficile d'en faire une période car finalement, les inventions de DeVinci, d'Archimède, n'etaient-elles pas un peu woodpunk tout comme les trébuchers médievaux et tout en etant aussi steampunk (voir les apareils d'observation astronomiques) ?
    L'horloge existerais depuis plus de 800 ans d'après certains ecris. La machine à vapeur, 400, la poudre à canon 1800 ans. Donc difficile d'en faire une période de l'histoire même si elle etait plus développée au siècle dernier. Seule l'ère industrielle pourrait marquer une epoque de grosses machines lourdes et puissantes faisant du bruit et de la vapeur par combustion de ce vieu charbon polluant noircissant l'atmosphère des villes.
    Donc,le steampunk peut etre une source d'inspiration mais je doute qu'on revienne à ce genre d'esthétique comme l'annonce l'ordinateur d'IBM (qui sans doute au passage fait sa pub lol)
    On le trouvera toujours dans quelques jeux ou films, ...
    Au fait la doloréan de "retour vers le futur", c'est pas un peu Steampunk ? Sa carosserie est en acier inoxidable et son invention est un peu folle. Le temps etant le thème principal des films, pourtant l'esthétique est très variée. Je trouve cette saga très JVerniène mais plus moderne et plus "us" bien sur.

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