mardi 18 juin 2013

Il n'y a pas que les huîtres qui "pondent" des perles...




... il y a aussi le CEETS!

Pour ceux qui ne connaissent pas encore, le CEETS est le Centre d’Etudes et d’Enseignement des Techniques de Survie. Et l’article affiché en fin de ma publication de ce jour a été écrit par l’un de ses moniteurs, Julien Imbert.

Il y a quelques années, j’ai fait pas mal de recherches internet sur le thème de la “survie”.  J’ai trouvé une multitude de sites et de forums, mais celui qui m’a réellement et durablement accrochée fut Vie sauvage et Survie créé par David Manise. Posts pertinents, une foule d’infos recoupées par des expériences vécues, un staff vigilant et des interlocuteurs ouverts et sympas. Bref, j'ai zappé les autres fora, je suis restée sur celui-ci...

Peu après, SURVIES.BE a vu le jour, basé dans les Ardennes du plat pays, ce qui tombait très bien, car ne vivant à l’époque pas en France, suivre un stage CEETS était budgétairement inenvisageable... Une super équipe, des moments géniaux, et surtout, des connaissances théoriques et pratiques grandies!

Voilà pour la petite intro.  Revenons maintenant à l’article de Julien, objet de cette nouvelle publication...

Il n’est pas coutume que je fasse ainsi du copié-collé, mais j’ai trouvé cet écrit si intéressant et pertinent que j’ai voulu le partager, d’abord sur Facebook, mais je me suis dit que, finalement, autant le publier sur le blog, ainsi plus de lecteurs et lectrices pourront en profiter!

Pour y aller de mon petit commentaire (et expérience perso, je précise, je ne me suis pas arrêtée à la réflexion), je me suis rendue compte, il y a de nombreuses années déjà, par le biais de mon travail occulte, et bien avant de connaître l’univers du “survivalisme”, que la simplicité me libérait. D'ailleurs, j’aime beaucoup et j'utilise souvent le principe K.I.S.S., appris de Vincent D. alias Pics, instructeur de SURVIES.BE : keep it simple and stupid...

S'encombrer du “meilleur matos” se résume bien souvent à se borner à répondre à un rituel ne reposant sur rien de concret, nous faisant croire que posséder tel ou tel outil fera de nous super(wo)man (on n'est plus très loin de l’effet grigri non plus...), alors que neuf fois sur dix, on reste dans notre imaginaire, à mille lieux de la réalité!

A l’instar du domaine survivaliste, c’est un travers des plus courants en matière d’arts et sciences occultes comme tout ce qui touche à la spiritualité.  Ce mythe comme quoi l’outil fait le mage ou le sorcier... alors que la seule chose à laquelle il amènera au final, c’est à la frustration dans le meilleur des cas, au casse-pipe dans le pire...

En matière de sorties bushcraft, et particulièrement lors de mon stage 12/36 (tenir 36h en forêt, nuits incluses, avec uniquement le contenu d'un sac de 12 litres et une gourde), j’ai appris, par l’expérience vécue, entre autre chose ceci :

- Un petit sac tout léger et dans lequel tout entre au centimètre près, c’est génial.  Jusqu’à ce qu’il fasse nuit, qu’on doive monter son bivouac en urgence, qu'on est trempé parce qu'il pleut des cordes, qu’on crève la dalle et qu’on cherche désespérément son réchaud tout au fond de son sac rikiki en essayant tant bien que mal de ne pas faire rouler tout le reste de son matos en bas du talus sur lequel on a du se poser... pour finalement, en désespoir de cause, bouffer le contenu de sa gamelle froid...

- Un poncho compressible et léger, juste assez grand pour faire mini tarp, ça va bien avec le sac.  Surtout sur ce même talus, toujours dans le noir, et qu’on entend un grand crac, parce que le super tissu léger du poncho n’a pas encaissé la tension exercée par le piquet! Piquet bien entendu en aluminium, bien léger lui aussi, qui a beaucoup fait rire, si je puis dire, les épines de conifères jonchant le sol... car, pour ceux qui l’ignorent encore, conifères = terrain acide = sol mou... Visualisez donc un piquet en aluminium, genre Twiggy, et un bon gros piquet en bois taillé grossièrement, et vous comprendrez plus aisément la problématique...

- La bâche de sol en une matière dont j’ai oublié le nom, hyper compressible et légère (on continue sur la lancée!), qui se déchire dès la moindre contrariété, démentant de fait les dires du fabricant.  Sans même parler des pieds mouillés (et le reste) le lendemain, parce que, au choix, les pans s’envolent, s’enroulent...

Et j'en passe... Bref, laissons la parole au CEETS, et en l'occurrence à Julien, qui va nous décortiquer tout ça bien mieux que moi!

La théorie du Gros

Pour la petite histoire, j’aime beaucoup cuisiner en outdoor. Et c’est grâce à ça que j’ai commencé à réfléchir dans mon coin, à initier les prémices de la théorie du gros. Le problème devait être (je ne me le rappelle plus très bien) quelque chose comme : quelle bonne méthode pour un risotto sur le terrain à partager avec mon pote Corin. J’ai pensé aux transvasements, aux partages, avec nos petite gamelles et la petite bouilloire. Puis j’ai repensé aux préparations d’eau en bivouac hivernal, aux grosses gamelles qu’on utilise à la place des micromugs.

Une grosse gamelle qui passe au feu, pour le temps de cuisson. À peu près à la même époque j’ai commencé à arrêter de donner des stages avec mon petit sac à dos ou tout rentrait au chausse-pieds, pour me servir de mon gros karrimor, quitte à le laisser à moitié vide. Plus pratique, plus rapide, pour bourrer sans effort et tout faire rentrer, avoir le temps de s’occuper des stagiaires.

Avec en tête ce petit message de Camp, sur le forum de David Manise, renonçant à ses recherches d’optimisation :

"Suite au stage de Die et à quelques discussions très instructives, je suis en train de revoir complètement mon matériel, me rendant compte que s’il était bon pour quelques jours en touriste, face à une situation engagée il ne valait pas tripette:

 *- Exit le Camp Tramp, la scie Fiskars et le SAK (en faveur d’une petite lame de 20 g. et d’une pelle Cold Steel)
*- Exit le Mug Titane de 70cc et le réchaud à alcool Vargo (en faveur d’un réchaud à bois* et d’une gamelle de 2 litres)
*- Exit le sac rikiki où tout est calculé au millimètre pour un vaste fourre-tout… qui peut servir de pieds d’éléphant
*- Exit les multiples sacs et boites diverses en faveur d’un bidon étanche de 24 litres
*- Exit les Nalgenes de 1 litre (qui pèsent autant q’une MSR de 6 litres)
*- Rajout d’une doublure de poncho pour une utilisation multi-fonction
*- Inclusion de l’aspect chasse

En calculant bien (je n’en suis pas encore au bout) la plupart de ces changements n’ont qu’une incidence minime sur le poids mais offrent des améliorations substantielles en terme de sécurité, d’autonomie et de polyvalence.

Ainsi le passage au réchaud à bois offre une capacité de chauffage et de production d’eau quasi illimitée (fonte de neige/purification) en plus de pouvoir préparer des aliments secs types pâtes complètes bio ou légumineuses très intéressants pour leur valeur énergétique et leur ratio poids/calories.

J’ai rétrospectivement l’ impression d’avoir oublié une partie des leçons apprises à B.O.S.S. et de m’être petit à petit chargé de gadgets inutiles tout en faisant impasse sur des éléments essentiels. La démo de Pépé à Die a été une claque très salutaire."

Conclusion : il faut du gros. J’avais toujours été gros sac synthétique plutôt que plume. Avec le sursac en plus. Et je me retournais des listes de "gros" indispensables, dans la tête.  Mais un jour est venu ce stage en Touraine.Il pleuvait tellement que les stagiaires creusaient des tranchées autour de leurs abris pour ne pas être noyés pendant la nuit. J’étais avec Guillaume sous une grosse bâche apportée par l’ami Jeff. Nous nous sommes enflammés. "Tu vois ! Il faut une GROSSE Bâche ! Un GROS poncho ! Un GROS schlass ! " On s’est échauffés l’un l’autre pendant un bon quart d’heure comme ça et la théorie du gros était née, enfin verbalisée.

La théorie du gros, c’est simple :

Si un item est vital et que t’as autre chose à foutre que te bichonner, prend le GROS !

En vacances, par exemple, en randonnée, on est là pour se bichonner. Avec un petit sac, où tout est calé au poil de cul, bien imbriqué, fragile mais léger, on est là pour se faire plaisir, porter pas trop lourd. Oui mais si quelque chose tourne mal, si on doit s’occuper de quelqu’un qui a un souci, est-ce toujours le temps de l’auto-bichonnage ? Est-ce toujours les vacances ? Est-ce le moment de perdre du confort parce qu’on n’a plus le temps de tout faire aux petits oignons ? Non, non et non.
C’est le moment où nous avons besoin d’équipement facile à déployer, efficace sous stress, pas trop sensible au mauvaises manipulations. Du gros.

Une grosse bâche. 3 X 3 mètres. Ou 4 X 3 mètres. Avec de gros oeillets biens solides, dans lesquels passer un ficelle (grosse, qu’on arrive à attraper même avec des gants) ne donne pas l’impression d’enfiler une aiguille à coudre. Une bâche sous laquelle mettre plusieurs personnes. Que l’on peut tendre en hauteur, suffisamment pour être debout dessous, mais sans être mouillés si la pluie tombe à l’oblique. Une bâche sous laquelle on peut se changer vite, étaler le contenu de son sac par terre, faire un feu pour sécher ses vêtements…

Un gros sac de couchage en synthétique qui isole même mouillé, même dessous, malgré l’écrasement dû au poids de corps, dans lequel on peut faire sécher ses sous vêtements, qui va tenir le coup sans entretien dans des conditions mauvaises plusieurs jours de suite.

Un gros poncho vraiment étanche. Dont on sait que si on le met, "c’est bon". Qui ne s’envole pas au vent. Qui ne perds pas son imperméabilité au bout de 20 heures de pluie cumulées. Qui peut servir de tapis de sol quand tout est trempé par terre, sans souffrir de l’usure.

Une grosse gamelle dans laquelle on peut faire bouillir beaucoup d’eau d’un coup sans y passer des heures, sans manipulations fastidieuses. Pour avoir beaucoup à boire, faire fondre beaucoup de neige. Pour cuisiner pour une bande de copains. Ramasser beaucoup de cendres, de plantes ou de flotte.

Un gros sac à dos dans lequel tout rentre sans souci, sans jouer au puzzle, et dans lequel on peut porter le matériel du voisin, ou qui sert de pied d’éléphant pour dormir.

Une grosse lame. Un gros couteau, une hache ou une pelle. Pour débiter du bois sec sans y passer des heures et sans manipulations fines. Parce que quand il nous faut des calories, le rendement compte.

Un gros briquet, un gros fire steel, un gros allume feu bien puissant. Parce que lorsqu’il faut faire du feu pour se réchauffer, les doigts sont gourds et fonctionnent mal. Et que dans ces cas de figure, le feu n’est pas du folklore.

Un gros pull, un gros bonnet, une grosse doudoune synthétique, pour répondre brutalement et efficacement aux problèmes d’hypothermie, sans se poser de questions.

Une grosse outre qui permet de régler le problème de l’eau une bonne fois. Sans avoir être pleine obligatoirement (et qui sert d’oreiller pour la nuit !).

Un gros pansement compressif efficace.  Facile d’emploi et accessible. Vital. Un modèle qui nous est familier.

Ce sont des objets simples. Pas les plus chers (et plus ils sont gros, moins ils le sont, en général). Plus lourds que leurs homologues optimisés, oui bien sûr. Plus encombrant, dans l’absolu.
Mais cet ultra simple, ce gros, est d’une telle efficacité qu’il dispense de beaucoup de mini compléments. Il procure l’essentiel, mais comme c’est un essentiel généreux, c’est un essentiel plus confortable que la somme d’une multitude plus légère. Dont on se dispense, ce qui fait baisser l’écart de poids avec une liste de matériel léger.

Et surtout, c’est un essentiel qui libère la tête, et permet de se consacrer à d’autres choses. Au travail, aux autres, à l’environnement. Lorsque les solutions sont si efficaces, les problèmes ne durent qu’une fraction de seconde. Le fonctionnement du travailleur est assuré. Il peut donc se consacrer pleinement au travail.

Merci Julien!

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