samedi 20 octobre 2012

Le principe des strates - Autonomie et Survie


Sors un peu de ta BD Astérix, aucune potion ne fera jamais le travail à ta place...

Ces trois dernières années, j’ai eu l’occasion de lire beaucoup de réflexions des uns et des autres au sujet de la « survie », tant dans la nature que dans la ville.  J’ai également eu la chance et le plaisir d’échanger avec des spécialistes en la matière et suivre quelques petites formations dans ce domaine (même si je suis la première à dire avoir encore beaucoup de choses à apprendre !).  Voici donc les quelques réflexions qui en sont sorties :

Dans un contexte dégradé, ceux qui s’en sortent le mieux sont ceux qui sont mentalement capables d’agir avec lucidité, détermination et efficacité sous stress aigu, ceux qui ont reçu une formation (ACDS, SurvieS, CEETS, Croix-Rouge, etc.) et qui ont su rester « opérationnels » au moment crucial, et enfin ceux qui transportent du matériel impossible à trouver ou fabriquer sur place.

L’aspect « kit » n’est certes pas une fin en soi, mais il est indéniable que le matériel reste très présent dans un monde de… matière ! Donc pourquoi ne pas en tirer le meilleur ?  Mais pour cela, faut-il encore que l’on comprenne ce qu’il est et ce qu’il n’est pas… car il est manifeste que beaucoup confondent les compétences acquises par un travail idoine sur soi (sur divers plans) et le fait de porter du matériel, quel qu’il soit, dans ses poches ou dans son sac.

C’est ainsi que l’on observe de nombreuses personnes ayant dans leur sac un spray lacrymogène, mais qui soit « l’oublient » tout au fond de celui-ci, soit sont incapables de le mettre en œuvre sous stress. De même, il y a des randonneurs et des campeurs qui emportent dans leur paquetage une trousse de secours dont ils ne connaissent pas l’usage, ni parfois même le contenu.

Le fameux « effet gri-gri », c’est cela, le fait de porter sur soi du matériel qui n’est là que pour exorciser ses peurs et apaiser sa conscience. Certains même confondent analyse de risques et crainte, quitte à se déplacer littéralement avec leur maison sur le dos…

Par ailleurs, on note une influence (malheureusement) considérable du regard d’autrui dans le choix du matériel qu’on emporte avec soi : on choisit souvent ce qui a plus de chance d’être socialement accepté par nos semblables, ou ce qui peut nous valoriser, plutôt que les outils dont nous pouvons réellement avoir besoin… Comble de l’absurdité lorsque l’on cherche à être autonome, mais pourtant une constante !

On retiendra deux principes de survie (et donc d’Autonomie) permettant d’organiser le port de son matériel en alliant logique d’urgence et disponibilité : la règle des 3 (Ron Hood) et le CVMD (David Manise).

La règle des 3

  • trois secondes de survie sans réfléchir ;
  • trois minutes sans oxygène dans nos centres vitaux ;
  • trois heures sans régulation thermique en climat extrême (feu, vêtements, abris...)
  • trois jours sans eau (trouver, stocker, purifier l'eau) ;
  • trois semaines sans manger.


CVMD

Un kit doit pouvoir aider à maintenir nos capacités intactes, ou à les retrouver le cas échéant...  Les quatre qualités que l’on met en avant ici sont :

  • C comme conscience / intelligence 
  • V comme vision 
  • M comme mobilité 
  • D comme dextérité manuelle (motricité fine)


Dans les articles de cette série, on se penchera particulièrement sur l’aspect matériel.  Mais il est évidemment indispensable de se rappeler que l’outil n’est rien d’autre que ce qu’en fait son porteur, et que, de même, si les compétences physiques ont grandes valeurs, ce n’en est pas moins vrai pour celles relevant de l’émotionnel et du mental !  Mais nous en reparlerons…

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