dimanche 28 octobre 2012

Attention, âmes sensibles...


Rencontre personnelle avec une Meta menardi de taille respectable... frissons et fascination au rendez-vous!

Il était prévu de publier la suite de la série "le principe des strates", mais étant donné que la vocation de ce blog est également de répondre aux questions que l'on me formule (dans la mesure où cela reste sur le thème du partage d'expérience, pas d'enseignements purs et durs ici), voici un petit article causant d'un travail davantage "sorcier" : comment et pourquoi vaincre ses peurs, sous le couvert de la méthode que j'ai personnellement appliquée.

Alors non, que les âmes sensibles ne s’abstiennent pas, au contraire ! Vaincre ses peurs est, à mon humble avis, d'importance pour ceux espérant grandir leur Autonomie... Mais pour autant, n'assimilons pas les peurs avec la sensibilité! Cette dernière, pourvu qu’elle ne soit pas incontrôlable non plus (et qu’elle ne soit pas confondue avec de la sensiblerie), permet de mieux appréhender son environnement, ainsi que tout ce qui se passe en soi, de le découvrir plus en profondeur, de le comprendre davantage… alors que des peurs débridées ne feront que nous limiter, nous mettre des œillères, nous entraver à divers niveaux.

Je ne parle pas ici de s’attaquer à la saine peur qui est, en quelque sorte, un système d’alarme naturel, mais d’apprendre vaincre et finalement maîtriser "ses démons personnels", ces peurs et phobies autant débilitantes que paralysantes. Ceci-dit, soyons clairs, il ne s'agit pas de les annihiler mais de prendre le pouvoir sur elles. Comment ? En s’y confrontant à la juste mesure (il serait idiot de se mettre en danger pour autant !) et en travaillant à les comprendre (on a peur de ce que l’on ignore, de ce que l’on ne comprend ou ne maîtrise pas). Pourquoi ? Car le deal est simple : soit on fait de ses peurs des outils d’évolution, soit elles font de nous leur jouet!

Toute peur est représentative d'une part de ce que l’on est (et de ce que l’on a à travailler), il faut apprendre à la connaître pour pouvoir l'utiliser. Chercher à la réduire au néant est vain et inutile, et risque fort de donner l'effet contraire : n'oublions jamais que "chassez le naturel, il reviendra au galop"!

Pour ne pas déroger à la règle du partage qui fait la raison de ce blog, Je traiterai ici du travail que j'ai personnellement fait sur une peur très tenace chez moi, présente depuis ma plus tendre enfance : l'arachnophobie.

L'arachnophobie est une peur fort commune, tant chez les hommes que chez les femmes.  Je n'ai pas l'intention de donner ici une explication du pourquoi de cette peur, elle peut avoir plusieurs origines, plusieurs symboliques, reposant sur des expériences vécues ou non.  Le but de cet article est plutôt de témoigner du travail personnel mis en œuvre, visant à vaincre cette phobie très handicapante, car je constate que beaucoup de personnes en souffrent.

Vous vous demandez quelle était la puissance de cette phobie chez moi?  Hé bien, rien n’étant plus parlant qu’un exemple… J’avais une dizaine d’années, et je sortais de la salle de bain lorsque j’aperçus sur le sol du couloir une araignée de la taille d'une punaise (à se demander comment j'avais pu la voir vu sa taille ridicule). Je me suis fébrilement armée des chaussures rangées à cet endroit (sauf les miennes!) et me suis mise à les lancer sur « l'horrible monstre » en espérant l’écraser... Je précise que je me tenais au moins à deux mètres de la bestiole... Voilà qui vous donnera une idée de l’étendue des dégâts!

A l'aube de mes 20 ans, je pris une décision : vaincre mon arachnophobie. Une Sorcière hystérique devant une araignée, quelle aberration à mes yeux, sans parler de l'handicap que cela générait.

J'ai commencé par prendre le dictionnaire, à la page "araignée", page que je prenais grand soin d'éviter à moins de ne pouvoir faire autrement. Là, j'ai tout d'abord pris le temps de regarder le dessin la représentant, et ensuite de mettre mon doigt dessus et de l'y laisser... Tout ça n'a évidemment pas pris une journée, j'y ai passé de nombreuses semaines avant de ne plus friser l'hystérie à chaque essai... Ceci paraît peut-être puéril, mais c'est ça, une phobie!

L'année suivante, j'ai profité du fait que mon petit-ami de l'époque avait sa famille en région campagnarde pour avancer d'un cran. Chez sa tante, il y avait un petit cagibi donnant directement sur une paroi rocheuse (donc pas de mur à cet endroit), autant dire que les araignées y étaient nombreuses. Je "m'amusais" à rester seule dans l'obscurité humide du cagibi, en présence des "monstres", dans l'attente anxieuse de les voir sortir de l’ombre. Étrange, elles ne se sont jamais montrées... Avaient-elles plus peur de moi que moi d'elles? Voilà qui fait réfléchir!

Un jour, nous sommes allés à la fête foraine de l'endroit, et pour ce faire, il fallait passer sur un pont dont chaque balustrade était ornée de dizaines de toiles d'araignées, avec leurs habitantes en plein milieu. A mon premier passage, j'ai tenté de toucher l’une d’entre-elles du bout du doigt. Échec cuisant, ma peur a pris le dessus... Au retour, bien décidée à surmonter cette épreuve, je réussis enfin.  Je portais une petite fille dans les bras à ce moment, sa présence avait apparemment contribué à me donner du courage (je ne m'entendais pas du tout avec ma belle-famille d’alors, mon moral ne s’en portait pas au mieux, et l’amour de cette fillette à mon encontre était un baume aux vertus miraculeuses...). Détail intéressant donc, la sérénité retrouvée m'a aidée dans ma démarche.

Des années après, j'avais pris l'habitude de faire une méditation particulière : assise tranquillement, les yeux fermés, je me visualisais (en utilisant les 5 sens de perception) au bord d'un précipice rempli d'innombrables araignées.  Après quelques minutes d'observation, je m'y laissais tomber...

Puis un jour, je pus enfin récolter les fruits de ce long travail sur moi. J'étais en forêt avec une amie, souffrant également d'une arachnophobie galopante.  Tout à coup, elle poussa un cri en voyant une araignée à côté d'elle et commença à s'affoler.  Je pris alors délicatement  la petite bête et la déplaça.  Sur le moment, je ne me rendis même pas compte de mon geste, tellement il m'avait été naturel. J’avais pris en main, le plus naturellement du monde, une araignée, sans ressentir la moindre peur!

Certes, malgré cette expérience (ainsi que d'autres qui suivirent) et ce travail sur moi-même, l'araignée n'est toujours pas l'animal dont j'apprécie le plus la présence, ce qui ne m'empêche pas de l'aimer en tant qu'être vivant. Mais je peux en sortir une de chez moi calmement et sans paniquer (ce sont certains de mes amis qui paniquent ;)), les observer avec admiration et m'intéresser à ce qu'elles sont et font (très importantes pour l'écosystème, les araignées sont des animaux fascinants!), même si je ne cherche pas non plus à aller les embêter sur leur territoire (nombre d'espèces, généralement de taille respectable, rencontrées entre autre en forêt, mordent si elles se sentent en danger... et si leur morsure n’est pas forcément dangereuse pour les grosses bêtes que nous sommes, elle reste au moins aussi douloureuse qu'une piqûre de guêpe!).

Apprendre à se connaître, faire de ses peurs des outils d'évolution efficaces, transformer ses faiblesses en forces... voilà qui fait partie du cheminement de tout(e) Sorcier(e) digne de ce nom!


2 commentaires:

  1. Savez-vous que les araignées ont, comme nous, un cœur qui bat ? ;-)

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    1. Oh que oui!! Mais il semble que beaucoup tendent à l'oublier... et pas qu'en ce qui concerne les araignées...

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