dimanche 16 septembre 2012

Premier élixir végétal, suite


Apple Tree in Blossom by Carl Fredrik Hill


J’avais donc trouvé avec quelle plante j’allais travailler : Le pommier, ou plus exactement ses fleurs.

L’année passa, et le printemps approchait à grandes enjambées.  Je savais donc que je devais me rendre dans le petit parc de mon école primaire, où je trouverais les pommiers de mon rêve fait 9 mois plutôt.  9 mois, comme une gestation humaine…

J’avais l’intention de profiter d’une visite chez mes parents pour faire un saut au parc en question, l’école étant à 5 minutes de chez eux.  Mais ma mère m’informa que, à présent, le parc était fermé le week-end et que la seule possibilité d’y aller étant en semaine, durant les heures de classe… Et avec le boulot, c’était impossible, mon projet ne prenait pas une bonne tournure… Ah oui, mais j’oubliais que la Nature a plus d’un tour dans son sac pour parvenir à ses fins ! Et n'y va parfois pas de main morte, lisez plutôt…

A cette époque, je prenais des cours de Wing Chun (art-martial chinois). Et ce soir là, nous avions fait une session de « combat réel » : trois hommes me sautent dessus, me mettent à terre, et je fais comme je peux pour me relever et me défendre. Pendant le combat, déséquilibrée, ma cheville me lâcha et je failli tomber, mais grâce à l’adrénaline, je parvins à me redresser et repousser mes assaillants.

Le lendemain, au saut du lit, je sentis mon genou me faire mal, me disant que cela passerais une fois les muscles chauds. Malheureusement, il n’en fut rien, et la douleur s’accentua de plus en plus… Aucune position ne pouvait me soulager, ni la jambe pliée, ni la jambe tendue, ni assise, ni debout.  Arrivée en fin de journée, je devais me contenir pour ne pas hurler de douleur, et je finis par appeler ma mère pour qu’elle m’emmène en urgence à l’hôpital.  Je me vois encore littéralement me traîner jusqu’à la voiture, ne pouvant quasiment plus marcher…

Il s’avéra que j’avais une déchirure partielle du ligament du genou (je n’ose pas imaginer ce que l’on ressent avec une déchirure complète !), ce qui imposa arrêt de travail et immobilisation pendant au moins 4 semaines. Habitant alors au 2e étage d’une maison sans ascenseur, et de toute façon dans l’impossibilité de me déplacer, je fus hébergée chez mes parents… à quelques mètres à peine de mes pommiers ! Quand je vous disais que la Nature a plus d’un tour dans son sac…

Lorsque je pus me tenir debout (avec mes béquilles), ma mère et moi sommes allées au parc de l’école.  Mais à l’endroit de mon rêve, plus aucun pommier… Déterminée, je fis tant bien que mal le tour du parc, et tout en bas, là, au milieu de la pelouse, se tenait un majestueux pommier, répandant autour de lui un parfum exquis et enivrant, au feuillage tout de blanc vêtu, le sol jonché d’une multitude de fleurs tombées des branches. Je me rapprochai de lui, claudiquante vue de l’extérieur mais très assurée intérieurement, animée d’un amour et d’une reconnaissance sans borne.

Je décidai de ramasser toutes les fleurs recouvrant la pelouse tout autour de l’arbre, plutôt que de cueillir celles garnissant encore les branches.  En fait, je ne le choisis pas vraiment, me laissant entièrement guidée par mon instinct et mon intuition, c'est-à-dire par la volonté du pommier. Et je peux vous dire, qu’avec mon genou en vrac, ce fut véritablement une épreuve !

Une fois à la maison, je mis les fleurs encore fraîches dans un bocal de confiture, préalablement nettoyé et stérilisé à l’eau bouillante, avec grande déférence et conscience, et les recouvris d’un alcool incolore et peu odorant (rhum blanc à 40°).

Après l’étape de Préparation (les 9 mois de « gestation »), commençait donc la première phase spagyrique : la Dissolution…

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