samedi 11 août 2012

Amour chlorophyllien...




Depuis que j’ai ouvert ce blog, les articles publiés sont surtout d’ordre soit « technique », soit « informatif » (qu’il s’agisse d’articles de presse ou de points de vue personnels), même si transparaît ici et là la passion qui m’anime… alors pourquoi pas à présent un partage quelque peu plus mystique ?  Il m’a souvent été demandé la teneur de mes pratiques occultes, ce qui agite l’esprit et le cœur d’une Sorcière…

L’image en tête de cet article est une bonne représentation de mon temple personnel, c'est-à-dire ma demeure, l’espace sacré que je rejoins lorsque je pratique, ou je vis vraiment, à chaque instant, de plus en plus intensément chaque jour qui passe… Oui, il s’agit de Gaïa, Fjorgyn, Pachamama, Nerthus, Umai… que pour ma part je nomme simplement Nature, bien qu’il soit très rare que je l’enferme dans une dénomination, aussi poétique soit-elle, lorsque je m’adresse à Elle, dans le secret de mon for intérieur...

Hier, j’ai terminé le taf (j’utilise ce terme pour désigner mon emploi « alimentaire ») tôt dans l’après-midi.  Il faisait beau, et j’avais envie d’aller m’asseoir un peu dans un coin de verdure avant de rentrer chez moi.  Je m’y suis donc rendue…

Arrivée à l’endroit, j’ai eu un petit pincement au cœur en constatant que les services communaux avait entrepris de passer la tondeuse sur les chemins verts parcourant ce petit parc… plus de berce, ni d’ortie ou de carotte sauvage, ni plus aucune fleur ne venait égayer les talus à présent bien nus… mais bon sang, l’homme moderne a-t-il vraiment aussi peu de goût et de bon sens, pour ne pas dire autre chose !

Mais soit, on peut lui faire ce qu’on veut, la Nature aura toujours le dernier mot…

J’ai continué à marcher le long des chemins, en regardant, fascinée, les arbres les jalonnant, l’écorce parcourue par du lierre grimpant, les herbes folles dans leurs racines traçantes à fleur de terre (par chance, la tondeuse n’y passe pas!), les narines frétillantes des odeurs végétales envahissant l’espace, les oreilles bercées par le chant du vent et des oiseaux… J’étais émerveillée, comme si je découvrais tout cela pour la première fois… Emerveillée, comme à chaque fois…

J’ai fini par trouver ce que je cherchais : une place ou me reposer. Je ne l’ai pas choisie mais me suis laissée guidée. Une fois assise à même le sol, j’ai observé de plus près ce dernier, qui n’était pas fait uniquement de gazon tondu, comme je le cru au départ, mais constitué en majeure partie de mousse. Avez-vous déjà regardé avec attention la mousse ?  On dirait véritablement une petite forêt miniature !

Une fois installée, assise en tailleur, j’ai fermé les yeux et glissé mes mains dans la mousse.  Je sentais l’humidité du sol malgré la chaleur ambiante, la fraîcheur soyeuse de cette verte couverture qui m’accueillait. Imprégnée par l’odeur et le toucher, le végétal à franchi la barrière charnelle de mes doigts et de mes paumes, s’infiltrant par chacun des pores de ma peau, aussi sûrement qu’une éponge se gorgeant d’eau. Je sentais comme un sang neuf, à l’étrange couleur d’un vert laiteux, envahir mes veines, de plus en plus loin, et me gorger de vie…

Quand j’ouvris les yeux à nouveau, la nature environnante avait pris d’autres teintes, plus vives, plus vibrantes.  Les feuilles des arbres se démarquaient les unes des autres, et je percevais avec une étrange netteté le fascinant processus chlorophyllien en elles… Surprenant n’est-ce pas ? Et pourtant, tout cela m’était tellement évident, faisant écho à la circulation sanguine dans mon propre corps…

J’étais extérieurement immobile, tel un tronc d’arbre, mais intérieurement, la sensation était bien plus complexe, à la fois mouvement et immobilité… il n’y avait cependant rien de rigide, rien de figé, bien au contraire.  Une abeille me tourna un moment autour, comme hésitante sur ce que j’étais… moi-même d’ailleurs, je me sentais partie intégrante de la terre, du végétal, si loin de la condition humaine qui (idiotement) se veut séparée de la Nature !

Peu à peu, et bien malgré moi, je me suis décidée à sortir de ce délicieux état pour retourner chez moi, où l’on m’attendait.  C'est alors que, jetant un oeil à mon téléphone portable, je me rendis compte que plus d’une heure était passée !  Et pourtant, il m’a semblé que seulement quelques minutes s’étaient écoulées…

Pour faire bonne mesure, je vous invite à visionner cette vidéo, et écouter Florence (and the Machines) y interpréter le titre « Cosmic Love ».  Oui, parce que mon rapport à la Nature est véritablement une histoire d’amour, et que lorsque je plonge dans l’obscurité, que je fais abstraction de tout, j’entends son cœur battre… et tout ce que je désire alors, c’est de rester auprès d’Elle…


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3 commentaires:

  1. Bonjour :}
    Quel merveilleux article ! je me reconnais bien aussi dans ce moment de paix verte... Quelles sensations incroyables en effet, quand on a l'impression de ne faire qu'un avec le tout, et que tout nous parait plus vif ! Il y a quelque chose la dessous c'est évident... ou alors c'est juste un trop plein d'oxygène :x Mais, tout de même !!!!
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    Dame Silu

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    1. Merci Dame Silu :)
      Une source pleine de force et de vie, sans nul doute, dans laquelle on peut puiser sans limite... et en prime, la terre ne demande pas mieux que l'on se nourrisse de toute cette bonne sève de la sorte (et non pas en consommant éhontément et en la blessant), cette sensation devient terriblement palpable lorsque l'on prend le temps de la ressentir et d'y plonger les mains, au propre comme au figuré!

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    2. Magnifique :} Je suis d'accord ! =3

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